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Mira Mira

Cet article fait partie de notre guide : Ado : le guide des parents, de 11 à 18 ans

Ado 10 min de lecture 10 min Mis à jour le 1er octobre 2026 Mis à jour le 1er oct. 2026

Cyberharcèlement d'un enfant : que faire, à qui écrire, quelles preuves garder

Sources officielles citées en fin d'article.

Un adolescent allongé sur son lit dans la pénombre, éclairé par la lumière de son téléphone
L'essentiel

Selon le service-public.gouv.fr (2026), toute victime de cyberharcèlement, mineure ou majeure, peut déposer plainte dans un délai de 6 ans à compter du dernier acte, et le 3018, numéro unique contre le harcèlement et les violences numériques, répond 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, gratuitement et de façon anonyme. Le bon réflexe tient en quatre gestes : écouter sans reprocher, garder les preuves, signaler, demander de l’aide.

Un message glissé dans un groupe, une photo détournée, un faux compte au nom de votre enfant : quand cela arrive, on a souvent l’impression que la violence est entrée dans la maison, jusque dans la chambre. Respirez. Votre enfant n’a rien fait de mal, et vous n’avez rien raté. Voici comment agir dans l’ordre, sans céder à la panique.

Qu’est-ce que le cyberharcèlement ?

Selon le service-public.gouv.fr (2026), le cyberharcèlement est une forme de harcèlement moral, sexuel ou scolaire pratiquée sur internet, dans un espace public comme un forum ou dans des échanges privés comme une messagerie. Il suppose des agissements répétés, commis par une personne ou par un groupe, qui dégradent les conditions de vie de la victime ou portent atteinte à sa dignité.

Le mot « répété » compte, mais il ne faut pas attendre le dixième message pour réagir : une vidéo humiliante partagée à cent personnes fait le même effet qu’une longue série d’insultes.

Quels sont les types de cyberharcèlement ?

Les formes les plus courantes, telles que les décrivent le service-public.gouv.fr et l’association e-Enfance, sont les suivantes.

  • Insultes, moqueries et menaces en commentaire ou en message privé.
  • Rumeurs et exclusion : un groupe de discussion créé contre un élève, un « boycott » orchestré.
  • Usurpation d’identité : faux profil, faux message envoyé en son nom.
  • Diffusion d’images ou de vidéos sans accord, y compris des images intimes (dans ce cas, appelez le 3018 sans attendre).
  • Harcèlement à caractère sexuel : demandes insistantes, photos non sollicitées, chantage.
  • Prolongement du harcèlement scolaire : ce qui se passe en classe continue le soir sur le téléphone, ce qui enlève à l’enfant son dernier refuge.

Sur quels réseaux cela se passe-t-il ? Partout où les jeunes échangent : messageries, réseaux de vidéos courtes, réseaux de photos, plateformes de jeux en ligne avec chat vocal. Le nom des applications change vite, la mécanique reste la même. Mieux vaut donc suivre les usages de votre enfant que la liste des applications du moment.

Comment repérer que mon enfant est cyberharcelé ?

Un enfant en parle rarement de lui-même : la honte, la peur qu’on lui confisque son téléphone et la crainte d’aggraver les choses le retiennent. Ce qui peut alerter :

  • il consulte son téléphone avec angoisse, ou au contraire ne veut plus y toucher ;
  • il change d’humeur après avoir regardé ses notifications ;
  • il dort mal, a mal au ventre, refuse d’aller à l’école (lisez notre article sur la phobie scolaire et le refus scolaire anxieux) ;
  • il supprime des comptes, en crée d’autres, ou se replie sur lui.

Aucun de ces signes ne prouve à lui seul un cyberharcèlement. Ils justifient simplement une conversation calme.

Que dire à mon enfant, et que ne surtout pas faire ?

Le premier réflexe n’est pas technique, il est humain. Dites-lui : « Tu as bien fait d’en parler, ce n’est pas ta faute, on va gérer ça ensemble. »

  • Ne confisquez pas le téléphone en réaction. L’enfant y verrait une punition et se tairait la fois suivante. Si une pause est utile, proposez-la comme une protection, décidée avec lui.
  • Ne répondez pas aux harceleurs et demandez à votre enfant de ne pas répondre : cela nourrit l’échange.
  • Ne supprimez rien avant d’avoir gardé les preuves.
  • Ne contactez pas les parents de l’autre enfant à chaud. Passez par l’établissement, qui a la mission de traiter ces situations.

Pour prolonger le dialogue au quotidien, notre article sur les repères d’écrans par âge donne des pistes pour poser un cadre sans conflit.

Quelles preuves conserver, et comment ?

Selon le service-public.gouv.fr (2026), la victime d’un cyberharcèlement doit collecter un maximum de preuves : captures d’écran (par exemple des images envoyées en message privé), copies de courriels, enregistrements audio ou vidéo, attestations de témoins avec leur identité complète, certificat médical, ou main courante déposée au préalable.

Concrètement, sur le téléphone de votre enfant :

  1. Capturez l’écran entier, avec le nom du compte, la date, l’heure et si possible l’adresse (URL) de la page.
  2. Capturez la conversation dans son contexte, pas seulement le pire message.
  3. Notez dans un carnet les dates, les plateformes et ce qui s’est passé.
  4. Copiez les captures sur un ordinateur ou un stockage à part, avant tout signalement : un contenu signalé peut disparaître.
  5. Ne les diffusez pas, même pour « montrer aux autres » : si les images sont intimes, leur partage peut lui-même être un problème.

L’application 3018 propose aussi un espace pour déposer et conserver des preuves : voir plus bas.

Comment signaler : plateformes, Pharos et police ?

1. Le 3018 d’abord. Selon e-Enfance (2026), le 3018 est accessible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, par téléphone ou par tchat sur l’application 3018 ou sur 3018.fr, gratuitement et de façon anonyme. Désigné « signaleur de confiance », il dispose d’une procédure accélérée pour obtenir la suppression de contenus ou de comptes en quelques heures sur les plateformes. Les jeunes comme les parents peuvent l’appeler.

2. Le signalement sur la plateforme. Selon le service-public.gouv.fr (2026), les réseaux sociaux doivent proposer un mécanisme facile d’accès pour signaler un contenu illicite. Il n’est pas obligatoire d’avoir contacté l’auteur au préalable.

3. Les forces de l’ordre. Un tchat réservé aux mineurs permet de signaler cyberharcèlement, menaces, chantage ou diffusion de contenus intimes à la police ou à la gendarmerie ; à tout moment, on peut quitter le tchat et l’historique est effacé.

4. Pharos. Si le cyberharcèlement passe par des menaces ou des incitations à la violence, le service-public.gouv.fr indique que la victime ou un témoin peut faire un signalement sur la plateforme internet-signalement.gouv.fr (Pharos). Un signalement n’est pas une plainte.

5. Les moteurs de recherche. Si un contenu apparaît dans les résultats, la victime peut demander son déréférencement (procédure de la CNIL).

Faut-il porter plainte, et comment ?

Selon le service-public.gouv.fr (2026), toute victime de cyberharcèlement peut déposer plainte contre l’auteur, ou contre X si elle ne le connaît pas, dans un délai de 6 ans à compter du dernier acte. La plainte se dépose au commissariat ou à la gendarmerie de son choix, ou par courrier au procureur de la République. Police et gendarmerie sont tenues d’enregistrer la plainte.

Pour un enfant mineur, ce sont ses représentants légaux qui portent la plainte. Emportez vos captures, votre carnet et, si vous en avez un, le certificat d’un médecin. Le harcèlement scolaire est par ailleurs un délit depuis la loi du 2 mars 2022, y compris lorsqu’il se poursuit en ligne ; des règles particulières s’appliquent quand l’auteur est lui-même mineur. Porter plainte n’est jamais une obligation : c’est une option à envisager avec l’aide du 3018, d’un avocat ou d’une association d’aide aux victimes.

Que faire avec l’école ou le collège ?

Si l’auteur ou le groupe fait partie de l’établissement, prévenez le directeur ou le chef d’établissement par écrit, en joignant les captures, et demandez un rendez-vous. Le harcèlement en ligne entre élèves relève du harcèlement scolaire, même quand les faits se produisent hors des murs. Notre outil harcèlement scolaire : que faire ? prépare pas à pas votre plan d’action et un modèle de courrier, et le guide parents sur le harcèlement scolaire détaille le rôle de l’établissement.

Comment protéger mon enfant à l’avenir ? Contrôle parental et dialogue

Le contrôle parental aide, mais il ne remplace pas la confiance.

  • Réglez avec lui la confidentialité des comptes : profil privé, messages limités aux contacts, qui peut l’ajouter à un groupe.
  • Apprenez-lui les gestes : bloquer, signaler, ne pas répondre, capturer, en parler.
  • Convenez d’une promesse : « si un jour un message te fait peur, tu me le montres, et je promets de ne pas te punir ».
  • Gardez le lien : demandez-lui de vous montrer ce qu’il aime sur ses écrans plutôt que de le surveiller en cachette.
  • Sachez où trouver de l’aide : la plateforme cybermalveillance.gouv.fr et le 3018 sont des ressources à garder en favori.
  • Posez un cadre écrit, ensemble : notre contrat smartphone à remplir en famille inclut une clause « si quelque chose te fait peur, tu peux en parler sans être puni » et rappelle le 3018. Pour un premier téléphone, voyez aussi à quel âge offrir un premier smartphone.

Si votre enfant va mal (sommeil, appétit, humeur, refus d’aller en classe), parlez-en à son médecin traitant : la souffrance mérite d’être prise au sérieux, quelle que soit la preuve. Ce contenu est informatif et ne remplace ni un avis médical ni un conseil juridique.

Questions fréquentes

Quel numéro appeler en cas de cyberharcèlement ?

Selon e-Enfance (2026), le 3018 est le numéro unique pour les jeunes victimes, témoins ou auteurs, et pour leurs parents. Il est gratuit, anonyme et confidentiel, ouvert 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, par téléphone ou par tchat. Il traite aussi les situations de harcèlement à l’école : le 3020 a été remplacé par le 3018.

Les captures d’écran suffisent-elles comme preuves ?

Selon le service-public.gouv.fr (2026), les captures d’écran font partie des preuves à collecter, avec les copies de courriels, les enregistrements, les attestations de témoins et le certificat médical. Elles sont plus solides quand elles montrent le compte, la date, l’heure et l’adresse de la page. Conservez-les hors du téléphone, avant tout signalement.

Mon enfant peut-il être poursuivi s’il a partagé une photo ou une insulte ?

Oui, dans certains cas : le cyberharcèlement est un délit, et des sanctions spécifiques s’appliquent lorsque l’auteur est mineur, indique le service-public.gouv.fr (2026). Si votre enfant est du côté de l’auteur, le 3018 accompagne aussi les jeunes auteurs et leurs parents. Parlez-en calmement avec lui, sans humilier, et demandez conseil.

À partir de quel moment porter plainte ?

Il n’existe pas de seuil : selon le service-public.gouv.fr (2026), toute victime peut déposer plainte, avec un délai de 6 ans après le dernier acte. Beaucoup de familles commencent par le 3018 et le signalement à l’établissement, puis portent plainte si les faits continuent, sont graves (menaces, images intimes) ou ne s’arrêtent pas.

Que faire si le harcèlement vient d’un inconnu ou d’un faux compte ?

Capturez, signalez le compte à la plateforme, appelez le 3018 et signalez sur Pharos en cas de menaces. Le service-public.gouv.fr (2026) précise qu’une plainte peut être déposée contre X : les enquêteurs peuvent identifier l’auteur. Ne répondez pas et ne cherchez pas à démasquer la personne vous-même.

Sources

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