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Prénoms alsaciens : la liste, vérifiée dans les registres de Alsace

En Alsace, la tradition prénominale plonge ses racines dans l'héritage alémanique et germanique du Rhin supérieur, porté par des figures rhénanes comme sainte Odile, patronne de la région depuis 1946. Ballottée entre francisation et germanisation forcées au gré des annexions de 1871, 1918 et 1940, cette identité onomastique s'est longtemps effacée derrière les prénoms nationaux, au point que peu de familles transmettent aujourd'hui un prénom ouvertement alémanique. Pourtant, quelques pépites persistent, et une vague récente de prénoms à consonance germanique (Mathilde, Ida, Emil, Greta) regagne du terrain, portée aussi par la proximité de l'Allemagne et de la Suisse. Cette page croise cette matière culturelle avec les statistiques INSEE réelles du Bas-Rhin et du Haut-Rhin pour distinguer les vrais marqueurs régionaux des simples classiques nationaux.

Ce qui rend cette page unique : chaque prénom de la liste est vérifié dans le fichier départemental officiel de l'INSEE. Vous voyez donc combien d'enfants l'ont réellement reçu dans la région (144 915 naissances enregistrées entre 2015 et 2024 sur la zone), et notre indice de régionalité vous dit s'il y est vraiment plus donné qu'ailleurs, ou s'il n'a de régional que la réputation.

Le top des prénoms alsaciens aujourd'hui

Les prénoms de la tradition les plus donnés dans la région entre 2020 et 2024 :

PrénomGenreNaissances 2020-2024 (région)Indice de régionalité
Emma fille 470 x 1,1
Mia fille 325 x 1,1
Adèle fille 290 x 1,2
Mathilde fille 230 x 2,4
Romy fille 230 x 0,7
Elsa fille 135 x 1,7
Ella fille 105 x 1
Emmy fille 65 x 0,9
Lena fille 55 x 1,2
Emil garçon 20 x 5,5
Karl garçon 15 x 2,2
Adélaïde fille 10 x 1,1
Odile fille 10 volume faible
Anton garçon 5 x 0,3
Gisèle fille 5 volume faible

Les plus typiques : l'indice de régionalité

L'indice compare la part du prénom dans les naissances de la région à sa part dans la France entière (2015-2024). Un indice de 10 signifie « dix fois plus donné ici qu'ailleurs » :

PrénomIndiceNaissances 2015-2024 (région)Repère culturel
Emil x 5,5 25 Forme germanique d'Émile, sans accent, plus donnée côté alsacien qu'ailleurs en France.
Mathilde x 2,4 570 Du germanique maht, force, et hild, combat, prénom médiéval toujours transmis en Alsace.
Karl x 2,2 40 Du germanique karl, homme libre, forme germanique de Charles donnée près de la frontière.

La tradition des prénoms alsaciens

L'Alsace parle traditionnellement l'alsacien, un ensemble de dialectes alémaniques du groupe germanique, et cette langue a longtemps déterminé le stock de prénoms transmis dans les familles : des noms composés sur des racines guerrières ou nobles comme hild (combat), berht (brillant), adal (noble) ou frido (paix), qu'on retrouve dans Mathilde, Dagobert, Adélaïde ou Fridolin. La christianisation précoce de la région, portée par des figures comme Arbogast ou Fridolin, a ensuite installé un calendrier de saints rhénans propre, dont la plus emblématique reste sainte Odile, ermite née aveugle près d'Obernai vers 660, devenue abbesse de Hohenbourg puis patronne officielle de l'Alsace en 1946. Ce socle onomastique, ni tout à fait français ni tout à fait allemand, forme la matière première d'une identité prénominale rhénane distincte du reste du pays.

Cette identité a traversé un siècle et demi de bascules politiques qui ont chacune imposé leurs prénoms : la Révolution francise d'office l'état civil des Alsaciens dès 1793, l'annexion allemande de 1871 restaure les formes germaniques, l'entrée des troupes françaises en 1918 refrancise à nouveau tous les actes, vivants comme défunts, puis l'annexion nazie de 1940 impose une regermanisation brutale des noms et prénoms jusqu'en 1944. Chaque retournement a coupé un peu plus la transmission naturelle des prénoms alémaniques, et l'association du germanique aux deux occupations du vingtième siècle a longtemps dissuadé les familles de perpétuer ouvertement ces prénoms après 1945. Ce n'est qu'en 1993, avec l'informatisation de l'état civil, que de nombreux Alsaciens ont redécouvert l'orthographe originelle, parfois francisée sans leur consentement, de leur propre nom de famille.

Que reste-t-il de vivant aujourd'hui ? Les grands classiques d'origine germanique comme Emma, Louise, Mathilde ou Charles sont désormais des prénoms nationaux banalisés, portés partout en France sans lien particulier avec l'Alsace : leur racine explique l'histoire, pas la géographie actuelle. Les véritables marqueurs sont ailleurs, dans des formes courtes ou dialectales toujours transmises localement (Fritz, Hans, Liesel) et surtout dans une vague de prénoms à consonance germanique fraîche, Emil sans accent, Elsa, Frida, Ida, Greta, Oskar, Anton, que la proximité immédiate de l'Allemagne et de la Suisse, les familles binationales et le travail frontalier rendent statistiquement plus fréquents dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin qu'ailleurs en France. Seules les données INSEE 67 et 68 permettent de vérifier lesquels de ces prénoms y sont réellement surreprésentés.

La liste complète, prénom par prénom

  • Adalbert (garçon) : Du germanique adal, noble, et berht, brillant, prénom attesté dans les familles alsaciennes anciennes. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Adélaïde (fille) : Du germanique adal, noble, et heid, condition ou espèce, a donné le diminutif Heidi. 25 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Adèle (fille) : Du germanique adal, noble, forme courte d'Adélaïde toujours vivante en Alsace. 515 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Anton (garçon) : Forme germanique d'Antoine, davantage donnée près de la frontière allemande. 15 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Arbogast (garçon) : Ermite puis évêque de Strasbourg au septième siècle, prénom d'origine franque. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Attale (fille) : Nièce de sainte Odile, abbesse du couvent Saint-Étienne, patronne secondaire de Strasbourg. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Berthe (fille) : Du germanique beraht, brillant, prénom ancien courant dans les registres paroissiaux alsaciens. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Berthold (garçon) : Du germanique beraht, brillant, et wald, gouverner, prénom médiéval encore porté en Alsace. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Conrad (garçon) : Du germanique kuoni, hardi, et rad, conseil, a donné les formes alsaciennes Kuntz et Kunz. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Cunégonde (fille) : Du germanique kuni, lignée noble, et gund, combat, prénom d'une impératrice du Saint-Empire. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Dagobert (garçon) : Du germanique dag, jour, et berht, brillant, roi mérovingien lié à la légende de Niederhaslach. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Ella (fille) : Diminutif germanique de prénoms en ella comme Gabriella ou Helena, popularisé par la proximité allemande. 160 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Elsa (fille) : Forme courte germanique d'Elisabeth, portée dans les familles franco-allemandes du Rhin supérieur. 350 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Emil (garçon) : Forme germanique d'Émile, sans accent, plus donnée côté alsacien qu'ailleurs en France. 25 naissances dans la région entre 2015 et 2024, 5,5 fois plus donné qu'ailleurs.
  • Emma (fille) : Du germanique ermen, universel, prénom aujourd'hui banalisé en France malgré son fort ancrage rhénan historique. 1 110 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Emmy (fille) : Diminutif d'Emma popularisé en Allemagne, forme plus récente que le prénom long. 150 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Englebert (garçon) : Du germanique engil, ange, et berht, brillant, prénom rare mais attesté en Alsace. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Ermengarde (fille) : Du germanique irmin, universel, et gard, protection, porté par des princesses carolingiennes rhénanes. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Erna (fille) : Diminutif germanique d'Ernestine, du mot ernst, sérieux, forme courte encore transmise dans le Rhin supérieur. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Finn (garçon) : Prénom d'origine gaélique très popularisé en Allemagne, adopté en Alsace via l'influence outre-Rhin. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Frida (fille) : Du germanique fried, paix, prénom court prisé outre-Rhin et repris côté alsacien. 5 naissance dans la région entre 2015 et 2024.
  • Fridolin (garçon) : Du germanique frido, paix, et lind, doux, moine évangélisateur de l'Alsace. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Fritz (garçon) : Forme alsacienne et alémanique hypocoristique de Frédéric. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Gertrude (fille) : Du germanique ger, lance, et trud, force, prénom ancien attesté dans les registres alsaciens. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Gisèle (fille) : Du germanique gisal, gage ou otage, prénom médiéval d'origine franque toujours transmis en Alsace. 5 naissance dans la région entre 2015 et 2024.
  • Greta (fille) : Diminutif germanique de Marguerite, qui retrouve une place dans les naissances alsaciennes récentes. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Gunther (garçon) : Du germanique gund, combat, et heri, armée, prénom médiéval rhénan repris ponctuellement. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Hans (garçon) : Forme alémanique de Jean, encore utilisée comme diminutif familial en Alsace. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Hedwige (fille) : Du germanique hadu, combat, et wig, guerre, prénom porté par plusieurs saintes du monde rhénan. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Heidi (fille) : Diminutif d'Adelheid popularisé en Suisse alémanique, donné dans les familles proches de la frontière. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Hildegarde (fille) : Du germanique hild, combat, et gard, protection, porté par la grande abbesse rhénane du douzième siècle. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Ida (fille) : Du germanique ead, richesse, prénom bref remis au goût du jour des deux côtés du Rhin. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Irmgard (fille) : Du germanique irmin, universel, et gard, protection, forme courte encore attestée dans le Rhin supérieur. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Karl (garçon) : Du germanique karl, homme libre, forme germanique de Charles donnée près de la frontière. 40 naissances dans la région entre 2015 et 2024, 2,2 fois plus donné qu'ailleurs.
  • Kurt (garçon) : Forme courte germanique de Conrad, ponctuellement transmise en Alsace. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Lena (fille) : Diminutif de Magdalena ou Helena, courant en Allemagne, donné en Alsace du fait de la proximité. 115 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Liesel (fille) : Diminutif alsacien et alémanique d'Elisabeth, courant dans les familles dialectophones. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Ludwig (garçon) : Forme germanique de Louis, du germanique hlud, glorieux, et wig, combat, donnée en zone frontalière. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Marlene (fille) : Contraction germanique de Maria Magdalena, popularisée par la culture allemande, donnée côté frontalier. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Mathilde (fille) : Du germanique maht, force, et hild, combat, prénom médiéval toujours transmis en Alsace. 570 naissances dans la région entre 2015 et 2024, 2,4 fois plus donné qu'ailleurs.
  • Mia (fille) : Diminutif de Maria très répandu en Allemagne et en Suisse, adopté dans les familles frontalières. 640 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Odile (fille) : Sainte patronne de l'Alsace depuis 1946, prénom du germanique od, richesse ou prospérité. 15 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Oskar (garçon) : Forme germanique avec un k, alternative à Oscar popularisée par la proximité allemande. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Otto (garçon) : Du germanique od, richesse, prénom bref toujours transmis dans quelques familles alsaciennes. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Richarde (fille) : Impératrice qui fonde l'abbaye d'Andlau où elle se retire, du germanique ric, puissant, et hard, fort. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Roland (garçon) : Du germanique hrod, gloire, et land, pays, prénom légendaire à forte résonance rhénane. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Romy (fille) : Diminutif germanique de Rosemarie, repris dans des familles alsaciennes proches de la culture germanophone. 325 naissances dans la région entre 2015 et 2024.
  • Sigisbert (garçon) : Du germanique sig, victoire, et berht, brillant, roi mérovingien associé à la fondation de Haguenau. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Wilhelm (garçon) : Du germanique wil, volonté, et helm, casque, forme germanique de Guillaume donnée en zone frontalière. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Wilhelmine (fille) : Forme féminine de Wilhelm, du germanique wil, volonté, et helm, casque, attestée au dix-neuvième siècle. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Wilma (fille) : Forme courte de Wilhelmine, portée dans les familles alémaniques des deux côtés du Rhin. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).
  • Wolfgang (garçon) : Du germanique wolf, loup, et gang, marche, prénom rhénan porté par un saint évêque de Ratisbonne. Très rare à l'état civil ces dix dernières années (moins de 3 naissances par an).

Notre méthode

La liste culturelle est établie à partir des sources citées en bas de page, puis chaque prénom est croisé avec le fichier départemental des prénoms de l'INSEE (édition 2025, données par département et par année). Périmètre retenu : Alsace (Bas-Rhin et Haut-Rhin). L'indice de régionalité n'est calculé que si le volume est suffisant (au moins 30 naissances nationales et 15 régionales sur 2015-2024) pour éviter les faux signaux. L'INSEE ne publie pas les prénoms donnés moins de 3 fois par an : les prénoms les plus confidentiels de la tradition apparaissent donc sans chiffre, ce qui est déjà une information.

Pour explorer au-delà de la région : l'explorateur de prénoms INSEE (5 000+ prénoms, courbes et comparateur), le générateur de prénoms, nos tendances 2027 et nos sélections calculées (rares, anciens, mixtes, courts). Et les autres terroirs : prénoms bretons, prénoms basques, prénoms corses, prénoms provençaux, prénoms occitans.

Questions fréquentes

Quels sont les prénoms alsaciens les plus donnés aujourd'hui ?

Dans les registres INSEE de la région (Alsace (Bas-Rhin et Haut-Rhin)), les prénoms alsaciens de notre liste les plus donnés entre 2020 et 2024 sont Emma, Mia, Adèle, Mathilde, Romy, Elsa. Le classement complet, avec le nombre réel de naissances, est dans le tableau ci-dessus : aucune estimation, uniquement l'état civil.

Quel est le prénom le plus typiquement alsacien ?

Selon notre indice de régionalité, Emil arrive en tête : il est donné environ 5,5 fois plus souvent dans la région que dans la France entière. Suivent Mathilde, Karl. Cet indice compare la part du prénom dans les naissances régionales à sa part nationale (2015-2024).

Quels prénoms alsaciens traditionnels reviennent à la mode ?

Après des décennies de désaffection liées aux deux annexions du vingtième siècle, des prénoms courts d'origine germanique regagnent du terrain en Alsace comme ailleurs en Europe : Mathilde, Ida, Frida, Otto ou Emil retrouvent une place dans les maternités, portés à la fois par la mode rétro des prénoms anciens et par la proximité culturelle avec l'Allemagne et la Suisse.

Un prénom allemand est-il un prénom alsacien ?

Pas automatiquement : l'alsacien est un dialecte alémanique distinct de l'allemand standard, et l'histoire prénominale régionale s'est construite par bascules forcées entre francisation et germanisation plutôt que par simple imitation de l'Allemagne. Un prénom à consonance germanique n'est un vrai marqueur alsacien que s'il est statistiquement plus donné dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin qu'ailleurs en France, ce que seules les données INSEE permettent de confirmer.

Sources culturelles : Nominis, prénom Odile · OLCA, Office pour la langue et les cultures d'Alsace et de Moselle · Alsaciae, Prénoms ancestraux des Alsaciens · Persée, Noms et prénoms en Alsace au dix-huitième et au dix-neuvième siècles · Wikipédia, Liste des saints d'Alsace. Statistiques : INSEE, Fichier des prénoms par département (édition 2025, licence ouverte Etalab), calculs Mira, juillet 2026.