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Mira Mira
Grossesse 9 min de lecture 9 min Mis à jour le 30 septembre 2026 Mis à jour le 30 sept. 2026

Cholestase gravidique : démangeaisons, signes, suivi et accouchement

Sources officielles citées en fin d'article. Cet article informe et ne remplace pas une consultation : pour un conseil personnalisé, parlez-en à votre médecin, votre pédiatre ou votre sage-femme.

Pieds nus d'une femme allongée sur un drap clair dans une chambre calme
L'essentiel

Selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF, recommandations 2023), la cholestase gravidique se reconnaît à des démangeaisons évocatrices (paumes des mains, plantes des pieds, la nuit) associées à une prise de sang anormale, avec des acides biliaires au-dessus de 10 µmol/L. La plupart des grossesses concernées se terminent bien, grâce à un suivi et à un accouchement programmé au bon moment. Des démangeaisons intenses sans éruption justifient d’appeler votre sage-femme ou votre médecin sans attendre le rendez-vous suivant.

Vous vous grattez les mains et les pieds au point de ne plus dormir, et vous vous demandez si c’est « juste la grossesse ». Cette page vous explique ce qu’est la cholestase gravidique, comment on la repère, ce que disent les recommandations françaises sur le suivi et la naissance, et surtout à quel moment appeler. Elle ne remplace pas l’avis de votre équipe, qui seule peut confirmer le diagnostic.

Qu’est-ce que la cholestase gravidique ?

Selon le CNGOF (recommandations pour la pratique clinique, 2023), la cholestase gravidique est définie par la survenue d’un prurit évocateur (palmoplantaire, nocturne) associé à une anomalie biologique : acides biliaires supérieurs à 10 µmol/L à jeun, ou transaminases (ALAT) supérieures à deux fois la normale, après élimination des autres causes possibles.

En clair, c’est une maladie du foie propre à la grossesse : la bile s’écoule moins bien et les acides biliaires s’accumulent dans le sang, ce qui provoque les démangeaisons. Elle disparaît après l’accouchement : le diagnostic est d’ailleurs confirmé quand les anomalies se corrigent dans les deux mois suivant la naissance, selon le CNGOF.

Quels sont les signes de la cholestase gravidique ?

Selon le référentiel du Réseau Sécurité Naissance des Pays de la Loire (validé en mars 2018), le prurit apparaît le plus souvent au 3e trimestre, généralisé mais prédominant aux paumes des mains et aux plantes des pieds, sans lésion cutanée préalable. Une jaunisse est rare, observée dans 10 à 20 % des cas. Une douleur ou de la fièvre doivent faire chercher une autre cause.

Les signes qui doivent vous faire penser à une cholestase :

  • des démangeaisons intenses, surtout des mains et des pieds, souvent plus fortes le soir et la nuit ;
  • aucun bouton ni éruption qui les explique ;
  • des démangeaisons qui gagnent le reste du corps ou vous réveillent ;
  • parfois une coloration jaune de la peau ou du blanc des yeux.

Les démangeaisons banales de la grossesse (peau du ventre qui tire, sécheresse) sont plus fréquentes et bénignes. Le point qui doit alerter est l’intensité, l’atteinte des paumes et des plantes, et l’absence d’éruption. Dans le doute, la seule façon de trancher est la prise de sang.

Quand s’inquiéter et qui appeler ?

Appelez votre sage-femme, votre médecin ou votre maternité sans attendre le prochain rendez-vous si vous avez des démangeaisons intenses, en particulier des paumes et des plantes, sans éruption, surtout la nuit. Cette consigne est prudente : la prise de sang est simple, et un résultat normal est une bonne nouvelle.

Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences de la maternité si :

  • vous sentez le bébé bouger nettement moins que d’habitude ;
  • vous avez une jaunisse (peau ou yeux jaunes) ;
  • vous avez des douleurs ou de la fièvre en plus des démangeaisons ;
  • vous avez un doute qui vous angoisse : les équipes préfèrent vous voir pour rien que trop tard.

Si vous êtes en fin de grossesse et que des contractions s’installent, notre article sur les signes que l’accouchement approche vous aide à faire la différence.

Comment fait-on le diagnostic ?

Selon le CNGOF (2023), en l’absence de symptômes évoquant une autre maladie, il est recommandé de ne pas réaliser d’autre bilan biologique ou échographique que le dosage des acides biliaires et des transaminases. Le diagnostic repose donc sur une prise de sang, prescrite par votre médecin ou votre sage-femme, qui doit ensuite être interprétée par l’équipe.

Deux précisions :

  • un prurit seul, sans anomalie de la prise de sang, ne permet pas de retenir le diagnostic (CNGOF, 2023) ;
  • le seuil de 10 µmol/L d’acides biliaires sert à poser le diagnostic. Il ne dit rien à lui seul de votre situation personnelle : seule votre équipe sait la lire avec votre dossier.

Pour comprendre les autres prises de sang de la grossesse, voyez notre page sur la prise de sang pendant la grossesse.

La cholestase gravidique est-elle grave pour le bébé ?

Selon le CNGOF (2023), s’appuyant sur une méta-analyse publiée dans The Lancet en 2019, la mort fœtale in utero survient dans 0,28 % des grossesses avec cholestase lorsque les acides biliaires restent inférieurs à 100 µmol/L, contre 3,44 % au-dessus de ce seuil, et 0,32 % dans le groupe sans cholestase. Le risque de prématurité est également augmenté.

Il faut lire ces chiffres correctement : quand les acides biliaires restent sous 100 µmol/L, le risque n’est pas plus élevé que dans une grossesse sans cholestase. C’est la raison d’être du suivi : repérer les situations où le taux monte et adapter le moment de la naissance. Pour la mère, le référentiel du Réseau Sécurité Naissance ne décrit pas de risque pendant la grossesse si le temps de prothrombine est normal, mais les démangeaisons peuvent être très invalidantes.

Comment soigne-t-on la cholestase gravidique ?

Selon le CNGOF (2023), le traitement de référence de la cholestase gravidique est l’acide ursodésoxycholique, recommandé pour réduire l’intensité des démangeaisons, améliorer le bilan biologique et réduire la prématurité totale. Ce médicament ne s’obtient que sur prescription, et sa posologie relève de l’équipe qui vous suit : il ne faut jamais l’adapter seule.

Le même document recommande de ne pas utiliser, pour calmer les démangeaisons, la S-adénosyl-méthionine, la dexaméthasone, la gomme de guar ni le charbon activé. Cela vaut d’être dit, car ces produits circulent parfois sur les forums. Pour les antihistaminiques, les données sont jugées insuffisantes pour trancher. En pratique : ne prenez rien de votre propre initiative, et demandez à votre équipe ce qui vous convient.

Le suivi comprend une surveillance biologique des acides biliaires et des transaminases (CNGOF, 2023), dont la fréquence est fixée par l’équipe.

Quand accouche-t-on avec une cholestase gravidique ?

Selon le CNGOF (2023), il est recommandé de faire naître le bébé à partir de 36 semaines d’aménorrhée lorsque les acides biliaires atteignent 100 µmol/L ou plus. En dessous de 100 µmol/L, la femme doit être informée de la possibilité d’un déclenchement entre 37+0 et 39+6 semaines d’aménorrhée, pour réduire le risque périnatal, en particulier la mort fœtale in utero.

Cela ne veut pas dire que votre accouchement sera compliqué. Un déclenchement consiste à lancer le travail de façon médicale : notre article sur le déclenchement de l’accouchement explique comment il se déroule. Pour situer votre terme en semaines, le convertisseur de semaines de grossesse ou le calendrier de grossesse vous donnent les repères.

Que se passe-t-il après l’accouchement ?

Selon le référentiel du Réseau Sécurité Naissance des Pays de la Loire (2018), le prurit disparaît en quelques jours après l’accouchement et le traitement est arrêté. Le bilan hépatique est recontrôlé à distance, environ 15 jours à 1 mois après la naissance. Si les anomalies persistent, une consultation avec un hépatologue est prévue. Le risque de récidive lors d’une prochaine grossesse est d’environ 50 %.

Autre point à connaître : selon le CNGOF (2023), il est recommandé de contrôler la normalisation du bilan hépatique avant de prescrire une contraception oestroprogestative, idéalement faiblement dosée en oestrogènes, en raison du risque de récidive des démangeaisons. Parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin lors de la visite post-natale.

Questions fréquentes

Quels sont les symptômes de la cholestase gravidique ?

Selon le CNGOF (2023), le symptôme évocateur est un prurit palmoplantaire et nocturne, c’est-à-dire des démangeaisons des paumes des mains et des plantes des pieds qui s’aggravent la nuit, sans éruption visible. Il apparaît le plus souvent au 3e trimestre (Réseau Sécurité Naissance, 2018). Une jaunisse est possible mais rare. Seule une prise de sang confirme le diagnostic.

Est-ce qu’une cholestase est grave ?

Selon le CNGOF (2023), le risque de mort fœtale in utero est de 0,28 % avec des acides biliaires inférieurs à 100 µmol/L, contre 3,44 % au-delà. C’est pourquoi la cholestase gravidique est prise au sérieux : suivi biologique, traitement prescrit et naissance programmée au bon moment. Pour la mère, les démangeaisons sont surtout très inconfortables, et disparaissent après l’accouchement.

Comment soigner la cholestase gravidique ?

Selon le CNGOF (2023), le traitement de référence est l’acide ursodésoxycholique, un médicament prescrit par l’équipe médicale, qui réduit les démangeaisons et améliore les résultats de la prise de sang. Le charbon activé, la gomme de guar, la dexaméthasone et la S-adénosyl-méthionine ne sont pas recommandés. Ne prenez aucun médicament sans avis de votre médecin ou de votre sage-femme.

Quels sont les risques de la cholestase pour le bébé ?

Selon le CNGOF (2023), la cholestase gravidique augmente le risque de prématurité et de mort fœtale in utero, ce dernier restant faible tant que les acides biliaires sont inférieurs à 100 µmol/L (0,28 %, contre 0,32 % sans cholestase). Le suivi de la mère et la date de naissance décidée avec l’équipe visent à réduire ces risques.

Peut-on avoir une cholestase sans démangeaisons ?

Selon le CNGOF (2023), le diagnostic associe des démangeaisons évocatrices à une anomalie biologique : un prurit isolé sans anomalie de la prise de sang ne permet pas de retenir le diagnostic. Le référentiel du Réseau Sécurité Naissance (2018) précise que le prurit peut précéder les anomalies biologiques ou apparaître après. Si vous avez des démangeaisons intenses, faites doser vos acides biliaires.

Pour aller plus loin

Sources

Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis de votre sage-femme ou de votre médecin. En cas de démangeaisons intenses, de jaunisse, de fièvre ou de diminution des mouvements du bébé, contactez votre maternité ou appelez le 15.

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