FAQ Santé Bébé — Réponses d'experts aux questions des parents
La santé de votre bébé soulève des dizaines de questions, surtout lors des premiers mois. Fièvre, vaccins, petits maux du quotidien ou signes qui nécessitent une consultation rapide : ce guide réunit les réponses des professionnels de santé aux interrogations les plus fréquentes des parents. Chaque réponse est fondée sur les recommandations actuelles de la HAS, de l’OMS et des sociétés savantes de pédiatrie.
À quelle température faut-il s’inquiéter pour un bébé ?
On parle de fièvre chez le nourrisson à partir de 38 °C (température rectale). Chez un bébé de moins de 3 mois, toute fièvre supérieure ou égale à 38 °C est une urgence médicale qui nécessite une consultation immédiate, même si l’enfant semble aller bien.
Seuils de fièvre par âge
| Âge du bébé | Température | Conduite à tenir |
|---|---|---|
| Moins de 3 mois | ≥ 38 °C | Urgence — consulter immédiatement (urgences ou 15) |
| 3 à 6 mois | ≥ 38,5 °C | Consulter le pédiatre dans la journée |
| 6 à 24 mois | ≥ 38,5 °C pendant plus de 24 h | Consulter si la fièvre persiste ou si l’enfant est abattu |
| Tout âge | ≥ 40 °C | Consultation rapide recommandée |
Comment réagir en cas de fièvre
- Découvrir légèrement l’enfant (ne pas le surcouvrir)
- Proposer à boire fréquemment (sein, biberon, eau si diversifié)
- Paracétamol (Doliprane) en première intention : 15 mg/kg toutes les 6 heures, sans dépasser 60 mg/kg/jour
- Ibuprofène (Advil) : possible à partir de 3 mois et plus de 5 kg, en deuxième intention. Ne pas alterner systématiquement paracétamol et ibuprofène
- Le bain tiède n’est plus recommandé pour faire baisser la fièvre
Signes d’alerte associés à la fièvre
- Bébé de moins de 3 mois (quel que soit le niveau de fièvre)
- Somnolence inhabituelle, difficultés à se réveiller
- Pleurs inconsolables ou geignements continus
- Taches rouges ou violacées sur la peau qui ne disparaissent pas à la pression (purpura — appeler le 15)
- Raideur de la nuque
- Convulsions
La fièvre est un mécanisme de défense du corps contre les infections. Elle n’est pas dangereuse en elle-même dans la grande majorité des cas. C’est l’état général de l’enfant qui compte plus que le chiffre du thermomètre.
Source : HAS, SFP (Société Française de Pédiatrie), Pas à Pas en Pédiatrie
Quels sont les vaccins obligatoires pour bébé en France ?
Depuis 2018, 11 vaccins sont obligatoires pour tous les enfants nés en France. Le calendrier vaccinal débute à 2 mois et comprend des injections contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, l’hépatite B, l’Haemophilus influenzae b, le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons et la rubéole.
Calendrier vaccinal 2026 (vaccins obligatoires)
| Âge | Vaccins | Nombre d’injections |
|---|---|---|
| 2 mois | DTP-Coqueluche-Hib-Hépatite B (hexavalent) + Pneumocoque | 2 injections |
| 4 mois | DTP-Coqueluche-Hib-Hépatite B (hexavalent) + Pneumocoque | 2 injections |
| 5 mois | Méningocoque C | 1 injection |
| 11 mois | DTP-Coqueluche-Hib-Hépatite B (rappel) + Pneumocoque (rappel) | 2 injections |
| 12 mois | Méningocoque C (rappel) + ROR (rougeole-oreillons-rubéole) | 2 injections |
| 16-18 mois | ROR (2e dose) | 1 injection |
Vaccins recommandés (non obligatoires mais conseillés)
- Méningocoque B (Bexsero) : dès 2 mois, fortement recommandé par les pédiatres
- Varicelle : recommandé pour les adolescents et adultes non immunisés
- Grippe : recommandé pour les enfants à risque (asthme, cardiopathie)
- Rotavirus : vaccin oral contre la gastro-entérite sévère, recommandé dès 6 semaines
Questions fréquentes sur les vaccins
- Les vaccins sont-ils sûrs ? Oui. Les vaccins font l’objet d’une surveillance continue par l’ANSM. Les effets indésirables graves sont extrêmement rares
- Peut-on retarder le calendrier ? C’est déconseillé. Le calendrier est conçu pour protéger l’enfant au moment où il est le plus vulnérable
- Les vaccins multivalents sont-ils trop lourds pour le bébé ? Non. Le système immunitaire du nourrisson est capable de répondre à des milliers d’antigènes simultanément
- Effets secondaires fréquents : rougeur au point d’injection, légère fièvre pendant 24 à 48 heures, irritabilité passagère. Ce sont des signes normaux de réponse immunitaire
Les vaccins obligatoires sont exigés pour l’entrée en collectivité (crèche, école).
Source : HAS, calendrier-vaccinal.net, ANSM, DGS (Direction Générale de la Santé)
Comment reconnaître une bronchiolite chez un nourrisson ?
La bronchiolite est une infection virale respiratoire très fréquente chez les nourrissons de moins de 2 ans, principalement causée par le virus respiratoire syncytial (VRS). Elle se manifeste par un rhume initial suivi d’une toux sèche, d’une respiration sifflante et de difficultés respiratoires qui apparaissent en 2 à 3 jours.
Les symptômes typiques
- Phase initiale (1-3 jours) : rhinite avec nez qui coule, toux légère, parfois une petite fièvre
- Phase d’état (3-7 jours) : toux sèche qui s’aggrave, respiration rapide et sifflante, tirage intercostal (les côtes se creusent à l’inspiration), gêne pour s’alimenter
- Phase de récupération : la toux peut persister 2 à 4 semaines, ce qui est normal
Quand consulter en urgence
- Bébé de moins de 6 semaines
- Difficultés respiratoires marquées (battement des ailes du nez, creusement du sternum)
- Refus de s’alimenter (moins de la moitié des biberons ou des tétées)
- Pauses respiratoires (apnées)
- Bébé très fatigué, somnolent, geignard
- Ancien prématuré de moins de 34 SA
Prise en charge à domicile
- Lavages de nez au sérum physiologique avant chaque repas et avant le coucher (6 à 8 fois par jour si nécessaire)
- Fractionner les repas : donner des quantités plus petites plus souvent
- Surélever légèrement la tête du lit (10-15°)
- Aérer la chambre, température à 19 °C, ne pas fumer dans l’environnement de l’enfant
- Pas de sirop antitussif chez le nourrisson (contre-indiqué avant 2 ans)
- La kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée en routine (HAS 2019)
Prévention
- Lavage des mains fréquent
- Éviter les lieux très fréquentés avec un nourrisson en période épidémique (octobre à mars)
- Port du masque par les adultes enrhumés
- Le Beyfortus (nirsevimab) est un anticorps monoclonal proposé depuis 2023 pour protéger les nourrissons contre le VRS avant leur première saison épidémique
Source : HAS (recommandations 2019, mises à jour 2023), SFP, Infovac
Mon bébé régurgite beaucoup : est-ce du RGO ?
Les régurgitations sont normales et fréquentes chez le nourrisson : elles touchent 50 à 70 % des bébés entre 1 et 4 mois. On parle de reflux gastro-œsophagien (RGO) physiologique tant que le bébé prend bien du poids et ne souffre pas. Le RGO pathologique, beaucoup plus rare, se caractérise par des douleurs, une mauvaise prise de poids ou des complications.
RGO physiologique vs pathologique
| Critère | RGO physiologique (normal) | RGO pathologique |
|---|---|---|
| Fréquence | Régurgitations après les repas | Régurgitations abondantes et fréquentes, parfois à distance des repas |
| Prise de poids | Normale | Stagnation ou perte de poids |
| Comportement | Bébé serein, souriant | Pleurs intenses, dos arqué, refus du biberon |
| Douleur | Absente | Pleurs pendant et après les repas, agitation nocturne |
| Durée | Disparaît vers 12-18 mois | Persiste et s’aggrave sans traitement |
Ce qui aide en cas de régurgitations simples
- Maintenir bébé en position verticale 20-30 minutes après le repas
- Fractionner les repas (quantités plus petites, plus fréquentes)
- Laits épaissis (AR) : laits anti-régurgitations, sur conseil du pédiatre
- Rot : prendre le temps de faire faire le rot
- Ne pas serrer la couche trop fort au niveau de l’abdomen
- Surélever la tête du lit de 15-20° (plan incliné sous le matelas, pas un coussin)
Quand consulter
- Bébé qui pleure beaucoup pendant et après les repas
- Refus de s’alimenter ou prise alimentaire difficile
- Stagnation ou perte de poids
- Vomissements en jet (possibilité de sténose du pylore chez le nourrisson de 3-6 semaines — urgence)
- Traces de sang dans les régurgitations
Traitement du RGO pathologique
Le pédiatre peut prescrire des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) comme l’oméprazole ou l’ésoméprazole si le reflux acide est confirmé. Ces traitements ne doivent être utilisés que sur prescription médicale et réévalués régulièrement.
Source : HAS, SFP, ESPGHAN
Quand consulter les urgences pédiatriques ?
Certains signes chez le nourrisson et le jeune enfant nécessitent une consultation en urgence : difficultés respiratoires, fièvre chez un bébé de moins de 3 mois, convulsions, perte de connaissance, purpura (taches rouges qui ne s’effacent pas), déshydratation sévère ou traumatisme crânien avec perte de connaissance.
Signes d’alerte : quand appeler le 15 ou se rendre aux urgences
| Situation | Conduite à tenir |
|---|---|
| Fièvre ≥ 38 °C chez un bébé de moins de 3 mois | Urgences immédiatement |
| Difficultés respiratoires (tirage, lèvres bleutées) | Appeler le 15 |
| Convulsions (raideur, tremblements, perte de connaissance) | Appeler le 15, mettre l’enfant en PLS |
| Purpura (taches rouges/violettes ne s’effaçant pas à la pression) | Appeler le 15 — suspicion de méningite |
| Vomissements en jet répétés + bébé de 3-6 semaines | Urgences (suspicion de sténose du pylore) |
| Chute avec perte de connaissance, vomissements ou somnolence | Urgences |
| Ingestion de produit toxique ou médicament | Appeler le 15 ou le centre antipoison |
| Pleurs inconsolables inhabituels depuis plusieurs heures | Consulter dans la journée |
| Refus total de boire depuis plus de 8 heures | Consulter rapidement |
Ce qui ne nécessite pas forcément les urgences
- Un rhume avec nez bouché mais sans gêne respiratoire
- Une fièvre modérée (< 39 °C) chez un enfant de plus de 3 mois qui joue et boit normalement
- Des régurgitations habituelles avec bonne prise de poids
- Une poussée dentaire avec légère fièvre et irritabilité
Numéros utiles
- 15 : SAMU — urgences médicales
- 114 : numéro d’urgence par SMS (personnes sourdes ou malentendantes)
- 01 40 05 48 48 : Centre antipoison de Paris (24h/24)
- Votre pédiatre : à appeler en première intention dans les situations non urgentes
- SOS Médecins : consultations à domicile en soirée et week-end
En cas de doute, appelez toujours le 15 : les régulateurs sont formés pour vous orienter vers le bon niveau de soins.
Source : HAS, SFMU (Société Française de Médecine d’Urgence), SFP
Comment soulager les coliques de bébé ?
Les coliques du nourrisson touchent 20 à 25 % des bébés et se manifestent par des pleurs intenses, souvent en fin de journée, chez un bébé par ailleurs en bonne santé. Elles débutent vers 2-3 semaines, culminent vers 6 semaines et disparaissent spontanément vers 3-4 mois.
Les critères de Wessel (définition médicale)
Un bébé souffre de coliques s’il pleure plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine, depuis plus de 3 semaines, chez un nourrisson en bonne santé et bien nourri.
Ce qui peut soulager
- Portage : contre le ventre, en écharpe ou en porte-bébé. Le contact peau à peau est apaisant
- Massage abdominal : mouvements circulaires dans le sens des aiguilles d’une montre, avec une huile neutre
- Position sur le ventre sur l’avant-bras du parent (position dite “du tigre dans l’arbre”)
- Bruit blanc : aspirateur, sèche-cheveux, application de bruit blanc
- Emmaillotage doux : procure un sentiment de contenance rassurant
- Mouvement : bercement, promenade en poussette, trajet en voiture
Ce qui ne fonctionne pas (ou n’est pas recommandé)
- Les médicaments à base de siméticone (Colicillus, Biogaia) : résultats non prouvés, mais sans danger
- Les changements de lait sans avis médical
- L’eau sucrée ou les tisanes pour nourrisson
- Les ceintures chauffantes (risque de brûlure)
Quand consulter
- Si les pleurs s’accompagnent de vomissements, de diarrhée ou de fièvre
- Si bébé ne prend pas de poids
- Si les pleurs sont différents (plus aigus, plus intenses que d’habitude)
Les coliques sont éprouvantes pour les parents. Si vous vous sentez dépassé(e), posez votre bébé en sécurité dans son lit et prenez quelques minutes pour souffler. Ne secouez jamais un bébé.
Pour aller plus loin, consultez notre article complet : Coliques du nourrisson : comprendre et soulager.
Source : HAS, SFP, AFPA (Association Française de Pédiatrie Ambulatoire)
Mon bébé a de l’eczéma : que faire ?
La dermatite atopique (eczéma) touche 15 à 20 % des nourrissons. Elle se manifeste par des plaques rouges, sèches et qui démangent, principalement sur les joues, les plis des coudes et des genoux. Ce n’est pas contagieux et la majorité des enfants voient leur eczéma s’améliorer avec l’âge.
Reconnaître l’eczéma du nourrisson
- Avant 2 ans : plaques rouges sur les joues, le front, le cuir chevelu et les faces externes des bras et des jambes
- Après 2 ans : l’eczéma migre vers les plis (coudes, genoux, poignets, cou)
- La peau est sèche, rugueuse, parfois suintante en phase de poussée
- Le prurit (démangeaisons) est le symptôme principal — l’enfant se frotte, est agité
Le traitement au quotidien
1. Hydrater la peau tous les jours (émollients) :
- Appliquer un émollient (Dexeryl, Lipikar, Xeracalm) sur tout le corps, 1 à 2 fois par jour, même en dehors des poussées
- C’est le pilier du traitement : une peau bien hydratée fait moins de poussées
2. Traiter les poussées (dermocorticoïdes) :
- Les crèmes à base de cortisone prescrites par le médecin sont le traitement de référence
- Elles sont sûres et efficaces quand utilisées correctement (1 application par jour sur les plaques rouges jusqu’à disparition)
- Ne pas avoir peur de la cortisone en crème : les effets secondaires craints concernent la cortisone par voie orale à forte dose, pas les crèmes appliquées localement
3. Éviter les facteurs aggravants :
- Vêtements en coton plutôt qu’en laine ou synthétique
- Lessive hypoallergénique, pas d’adoucissant
- Bain tiède (32-34 °C), court (5-10 minutes), avec un savon surgras ou une huile lavante sans savon
- Couper les ongles courts pour limiter les lésions de grattage
Quand consulter un dermatologue ou un allergologue
- Eczéma sévère résistant au traitement de première ligne
- Surinfection (plaques suintantes, croûtes jaunâtres, fièvre)
- Suspicion d’allergie alimentaire associée (eczéma sévère avant 3 mois)
Source : SFD (Société Française de Dermatologie), HAS, SCORAD (Scoring Atopic Dermatitis)
Faut-il donner de la vitamine D à bébé ?
Oui, la supplémentation en vitamine D est recommandée pour tous les nourrissons dès la naissance, quel que soit le mode d’alimentation (allaitement maternel ou biberon). La vitamine D est essentielle pour la fixation du calcium sur les os et la prévention du rachitisme.
Recommandations de la SFP (2022)
| Situation | Dose quotidienne recommandée |
|---|---|
| Bébé allaité exclusivement | 1 000 à 1 200 UI/jour |
| Bébé nourri au lait infantile (< 1 L/jour) | 600 à 800 UI/jour |
| Bébé nourri au lait infantile (≥ 1 L/jour) | 400 à 600 UI/jour |
| Enfant de 1 à 18 ans | 400 à 800 UI/jour (ou doses de charge trimestrielles) |
Pourquoi c’est indispensable
- Le lait maternel contient très peu de vitamine D
- Les laits infantiles sont enrichis mais pas suffisamment si la quantité bue est inférieure à 1 litre par jour
- La peau des nourrissons ne doit pas être exposée au soleil direct (les UV sont le risque principal, la synthèse cutanée n’est pas suffisante sous nos latitudes)
- Sans supplémentation, le risque de rachitisme (ramollissement et déformation des os) est réel
Les formes disponibles
- Gouttes quotidiennes : ZymaD, Uvedose gouttes, Adrigyl — les plus utilisées
- Ampoules (doses de charge) : Uvedose 100 000 UI — utilisées en doses trimestrielles chez l’enfant plus grand
- À administrer directement dans la bouche, pas dans le biberon (risque de perte si le biberon n’est pas terminé)
Précautions
- Respecter la dose prescrite : un surdosage chronique en vitamine D peut provoquer une hypercalcémie
- Ne pas cumuler plusieurs sources de vitamine D sans avis médical
- La vitamine D se donne tous les jours, toute l’année, y compris en été
Source : HAS, SFP (recommandations 2022), ANSM
Comment reconnaître une allergie alimentaire chez bébé ?
Les allergies alimentaires touchent 6 à 8 % des enfants de moins de 3 ans. Les signes les plus fréquents sont les réactions cutanées (urticaire, eczéma), les troubles digestifs (vomissements, diarrhée) et, plus rarement, les réactions respiratoires. Toute réaction survenant dans les 2 heures suivant l’ingestion d’un aliment doit alerter.
Les allergènes les plus fréquents chez le nourrisson
- Lait de vache (allergie aux protéines de lait de vache, APLV) — la plus fréquente avant 1 an
- Œuf
- Arachide
- Fruits à coque (noix, noisettes, amandes)
- Poisson
- Blé
- Soja
Signes d’allergie alimentaire
Réaction immédiate (dans les minutes à 2 heures) :
- Urticaire (plaques rouges en relief qui démangent)
- Gonflement des lèvres, de la langue ou du visage
- Vomissements
- Éternuements, nez qui coule, toux
Réaction retardée (heures à jours) :
- Eczéma qui s’aggrave
- Diarrhées chroniques, sang dans les selles
- Coliques sévères, reflux résistant au traitement
- Mauvaise prise de poids
Urgence — appeler le 15 :
- Difficulté respiratoire, sifflement, voix rauque
- Malaise, pâleur, perte de connaissance
- Urticaire généralisée + vomissements + gêne respiratoire (anaphylaxie)
Conduite à tenir
- Ne pas réintroduire l’aliment suspect
- Consulter le pédiatre qui orientera vers un allergologue
- Le diagnostic repose sur les tests cutanés (prick-tests), les IgE spécifiques et parfois un test de provocation orale en milieu hospitalier
- En cas d’APLV confirmée, passage à un hydrolysat poussé (lait spécial prescrit)
Pour aller plus loin : Allergènes alimentaires chez bébé.
Source : SFP, ESPACI, HAS
Mon bébé a la diarrhée : quand s’inquiéter ?
La diarrhée aiguë chez le nourrisson (selles liquides et fréquentes) est le plus souvent d’origine virale (rotavirus, norovirus). Le principal danger est la déshydratation, qui peut survenir rapidement chez un petit bébé. La solution de réhydratation orale (SRO) est le traitement de première intention.
Quand s’inquiéter
| Signe | Niveau d’urgence |
|---|---|
| Bébé de moins de 3 mois avec diarrhée | Consultation rapide |
| Refus de boire | Consultation urgente |
| Plus de 8 selles liquides par jour | Consultation dans la journée |
| Sang ou glaires dans les selles | Consultation dans la journée |
| Signes de déshydratation (voir ci-dessous) | Urgences |
| Fièvre élevée (> 39 °C) + diarrhée | Consultation rapide |
Reconnaître la déshydratation
- Perte de poids : c’est le meilleur indicateur (peser l’enfant)
- Fontanelle creusée (chez le nourrisson)
- Yeux cernés, creux
- Bouche sèche, absence de larmes
- Couches sèches depuis plus de 6 heures (pas de pipi)
- Pli cutané qui persiste quand on pince la peau du ventre
- Bébé mou, somnolent ou très irritable
Le traitement : la SRO
- Soluté de réhydratation orale (Adiaril, GES 45, Hydranova) : en vente libre en pharmacie, à reconstituer avec de l’eau
- Proposer par petites quantités fréquentes (5 à 10 mL toutes les 5 minutes au début)
- Continuer l’alimentation : ne pas mettre le bébé à la diète. Le lait maternel ou le lait infantile doivent être poursuivis
- La réalimentation précoce raccourcit la durée de la diarrhée
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas donner de coca, de jus de fruits ou de bouillon de légumes à la place de la SRO (trop sucrés, pas assez de sels minéraux)
- Ne pas donner de médicaments anti-diarrhéiques sans avis médical (le lopéramide est contre-indiqué chez l’enfant de moins de 2 ans)
- Ne pas arrêter l’alimentation
Source : HAS, OMS, ESPGHAN
Poussée dentaire : comment soulager bébé ?
Les premières dents apparaissent généralement entre 4 et 8 mois (incisives centrales inférieures en premier). Les symptômes associés sont les gencives gonflées et rouges, une salivation abondante, une irritabilité et parfois une légère fièvre (< 38,5 °C). La poussée dentaire ne provoque pas de forte fièvre ni de diarrhée sévère.
Chronologie d’apparition des dents de lait
| Dents | Âge moyen d’apparition |
|---|---|
| Incisives centrales inférieures | 6-10 mois |
| Incisives centrales supérieures | 8-12 mois |
| Incisives latérales | 9-16 mois |
| Premières molaires | 13-19 mois |
| Canines | 16-23 mois |
| Deuxièmes molaires | 23-33 mois |
Comment soulager
- Anneau de dentition réfrigéré (pas congelé) : le froid apaise l’inflammation
- Massage des gencives avec un doigt propre ou une compresse humide
- Paracétamol si la douleur gêne l’alimentation ou le sommeil (dose adaptée au poids)
- Aliments froids si bébé est diversifié : compote froide, bâtonnet de concombre réfrigéré
Ce qu’il ne faut pas utiliser
- Colliers d’ambre : aucune efficacité prouvée et risque d’étranglement et d’inhalation de perles
- Gels gingivaux contenant de la lidocaïne : déconseillés par l’ANSM (risque de troubles de la déglutition)
- Granules homéopathiques (Camilia) : pas d’efficacité démontrée supérieure au placebo
- Ne pas percer la gencive (pratique dangereuse)
Pour aller plus loin : Poussées dentaires : symptômes et soulagement.
Source : ANSM, SFP, AFSSAPS
Combien de selles par jour est normal pour un nourrisson ?
Le nombre de selles varie considérablement d’un bébé à l’autre et selon le mode d’alimentation. Un bébé allaité peut avoir 1 à 8 selles par jour, ou même une selle tous les 7 à 10 jours après 6 semaines. Un bébé nourri au lait infantile a généralement 1 à 3 selles par jour. La consistance compte plus que la fréquence.
Selles normales selon l’alimentation
| Mode d’alimentation | Fréquence normale | Aspect normal |
|---|---|---|
| Allaitement (premières semaines) | 3 à 8 par jour | Jaune doré, liquides ou grumeleuses, odeur peu forte |
| Allaitement (après 6 semaines) | 1 par jour à 1 tous les 7-10 jours | Idem — l’espacement est normal |
| Lait infantile | 1 à 3 par jour | Plus formées, jaune-vert à marron, odeur plus prononcée |
| Diversification | 1 à 2 par jour | Plus formées, couleur variable selon les aliments |
Ce qui est normal et ne doit pas inquiéter
- Selles vertes occasionnelles (transit accéléré, aliments verts, excès de lactose)
- Morceaux d’aliments non digérés dans les selles en début de diversification (carotte, maïs)
- Effort pour pousser avec visage rouge : c’est la dyschésie du nourrisson, pas de la constipation. Le bébé apprend à coordonner poussée et relâchement du sphincter
Quand consulter
- Sang dans les selles (filet de sang rouge, selles noires)
- Selles blanches ou décolorées (possibilité d’atteinte hépatique — urgence)
- Diarrhée aiguë avec signes de déshydratation
- Constipation vraie : selles dures, en billes, émises avec douleur, moins d’une fois par semaine chez un bébé au biberon
Conseils en cas de constipation
- Bébé au biberon : vérifier la préparation (1 mesurette pour 30 mL d’eau exactement)
- Proposer de l’eau entre les repas si bébé est diversifié
- Augmenter les légumes riches en fibres (courgette, haricots verts, pruneaux)
- Ne pas utiliser de suppositoires ou de lavements sans avis médical
Source : SFP, AFPA, ESPGHAN
Mon bébé a le nez bouché : que faire ?
Le lavage de nez au sérum physiologique (DRP — désobstruction rhinopharyngée) est le geste le plus efficace pour soulager un bébé enrhumé. Les nourrissons respirent principalement par le nez jusqu’à 3-4 mois : un nez bouché peut donc gêner l’alimentation et le sommeil.
Comment faire un lavage de nez efficace
- Allonger bébé sur le dos, tête tournée sur le côté
- Insérer l’embout de la dosette de sérum physiologique dans la narine supérieure
- Instiller la totalité de la dosette d’un geste franc (le sérum ressort par l’autre narine, c’est normal)
- Attendre que bébé avale ou crache les sécrétions
- Répéter de l’autre côté en tournant la tête
- Réaliser ce geste avant chaque repas et avant le coucher
Le mouche-bébé
- Le mouche-bébé par aspiration buccale ou électrique peut compléter le lavage de nez
- Il s’utilise après le lavage au sérum physiologique pour aspirer les sécrétions ramollies
- Ne pas aspirer trop fort (risque d’irritation des muqueuses)
- Nettoyer et désinfecter le mouche-bébé après chaque utilisation
Ce qu’il ne faut pas faire
- Cotons-tiges dans le nez : risque de lésion de la muqueuse
- Gouttes vasoconstrictrices (type Rhinadvil) : contre-indiquées avant 15 ans
- Huiles essentielles (eucalyptus, menthe) : contre-indiquées chez le nourrisson et le jeune enfant (risque de spasme laryngé)
- Inhalations avec de l’eau chaude : risque de brûlure
Quand consulter
- Le rhume dure plus de 10 jours
- Fièvre associée supérieure à 38,5 °C
- Sécrétions jaune-verdâtre épaisses persistantes (possible surinfection)
- Difficultés respiratoires (tirage, sifflement)
- Refus de s’alimenter
- Otite associée (bébé se touche les oreilles, pleure quand il est allongé)
Source : HAS, SFP, AFPA
Faut-il consulter si bébé a des croûtes de lait ?
Les croûtes de lait (dermite séborrhéique du nourrisson) sont bénignes et très fréquentes dans les premiers mois de vie. Elles se présentent sous forme de plaques jaunâtres et grasses sur le cuir chevelu, parfois sur les sourcils et derrière les oreilles. Elles ne nécessitent généralement pas de consultation médicale et disparaissent spontanément.
Ce que c’est
Les croûtes de lait sont dues à une sécrétion excessive de sébum dans les premières semaines de vie, liée aux hormones maternelles encore présentes. Elles n’ont aucun lien avec le lait ni avec l’hygiène. Elles ne démangent pas et ne gênent pas l’enfant.
Comment les enlever
- Appliquer une huile végétale (huile d’amande douce, huile d’olive) ou de la vaseline sur les croûtes
- Laisser agir 1 à 2 heures (ou toute la nuit sous un bonnet)
- Masser doucement le cuir chevelu pour décoller les croûtes
- Laver avec un shampooing doux pour bébé
- Brosser délicatement avec une brosse à poils souples
- Répéter 2 à 3 fois par semaine si nécessaire
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas gratter ou arracher les croûtes à sec (risque de blesser le cuir chevelu)
- Ne pas utiliser de produits agressifs ou de shampooings anti-pelliculaires pour adultes
Quand consulter
- Les croûtes s’étendent au visage, aux plis du cou, aux aisselles ou à l’aine (possibilité de dermite séborrhéique étendue)
- La peau sous les croûtes est rouge, suintante ou semble infectée
- Les croûtes persistent au-delà de 6-8 mois malgré les soins
- Confusion possible avec un eczéma du cuir chevelu (qui démange, contrairement aux croûtes de lait)
Source : SFD (Société Française de Dermatologie), SFP
Comment prendre la température de bébé correctement ?
La méthode de référence pour prendre la température d’un nourrisson est la voie rectale, qui reste la plus fiable. La température normale se situe entre 36,5 °C et 37,5 °C. On parle de fièvre à partir de 38 °C en rectal. Les thermomètres auriculaires ne sont pas fiables avant 2 ans.
Les différentes méthodes
| Méthode | Fiabilité | Âge recommandé | Correction à appliquer |
|---|---|---|---|
| Rectale | Référence (la plus fiable) | Dès la naissance | Aucune |
| Axillaire (sous le bras) | Moyenne | Dès la naissance | Ajouter 0,5 °C au résultat |
| Auriculaire (dans l’oreille) | Bonne après 2 ans | À partir de 2 ans | Aucune (si thermomètre adapté) |
| Frontale (infrarouge sans contact) | Variable | Dépistage uniquement | Non standardisée |
Prendre la température en rectal
- Nettoyer le thermomètre à l’eau savonneuse ou avec un désinfectant
- Appliquer un peu de vaseline ou de crème sur l’embout
- Allonger bébé sur le dos, jambes repliées
- Insérer l’embout de 1 à 2 cm maximum
- Maintenir le thermomètre en place jusqu’au signal sonore
- Lire le résultat et le noter avec l’heure
Conseils pratiques
- Utiliser un thermomètre numérique (les thermomètres à mercure sont interdits depuis 1999)
- Prendre la température en dehors des pleurs et pas juste après un bain chaud ou un biberon (résultat faussé)
- En cas de doute sur la fiabilité, reprendre la mesure 10 minutes plus tard
- Avoir un thermomètre dédié au bébé, clairement identifié
Quand prendre la température
- Quand l’enfant semble chaud au toucher, est abattu ou irritable
- Avant de donner un antipyrétique (pour adapter la dose)
- Pour le suivi : noter la température, l’heure et le médicament donné sur un papier ou dans l’application pour en informer le médecin
Source : HAS, SFP, AFPA
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